Entreprises et Environnement (4) : Elec’ en stock

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Entreprises et Environnement (4) : Elec’ en stock

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Une centrale nucléaire ne s’arrête pas la nuit. De la même façon, le vent et l’ensoleillement dont dépendent les énergies renouvelables éolienne et solaire ne sont pas des facteurs contrôlables par l’homme. Comment, dans ces conditions, faire coïncider le flux d’électricité produit avec la consommation effective des activités humaines ? En stockant cette électricité, bien sûr !

Or, cet éternel casse-tête d’ingénieur trouve aujourd’hui des solutions inédites. Revue de détails…


La plus ancienne et la plus exploitée des méthodes de stockage d’électricité est la retenue d’eau. Un barrage hydraulique permet en effet de stocker de grandes quantités d’eau (et donc d’énergie potentielle) qu’il est ensuite simple de transformer à la demande en électricité via une turbine.

Bien maîtrisée aujourd’hui, cette technique est toutefois fortement dépendante de la géographie (reliefs, cours d’eau) et nécessite un réseau de distribution qui la rend inapplicable à petite échelle et à fortiori pour tout usage mobile…

La mobilité justement est au coeur d’une seconde technique de stockage, la plus répandue dans notre univers quotidien : la batterie électrochimique. Depuis les antiques batteries au plomb de nos voitures d’antan jusqu’aux batteries lithium-ion ou lithium-polymère de nos objets nomades (ordinateur portable, téléphone mobile, baladeur numérique, etc.), cette technologie est partout et sa capacité ne cesse de progresser.

Toutefois, le coût environnemental (recyclage) de ces batteries est loin d’être anodin et leurs limites en terme de fiabilité et de durée de vie (limitée à un certain nombre de cycles) font que le groupe électrogène reste encore bien souvent préféré à l’onduleur dans un environnement industriel, là où la consommation d’électricité est souvent très importante…

Pourtant, deux technologies émergentes permettent aujourd’hui d’envisager un déploiement encore plus large des moyens de stockage d’électricité :

  • Le supercondensateur

Présent dans de nombreux appareils électroniques, le condensateur est un composant simplissime permettant de stocker une charge électrique de faible intensité. Or, les progrès fulgurants des nanotechnologies permettent désormais d’envisager de stocker des quantités plus importantes d’électricité au sein de supercondensateurs.

Si la charge/décharge est quasi immédiate, la capacité de stockage reste pour l’instant trop faible pour une utilisation au sein de véhicules hybrides par exemple, mais cette technologie progresse rapidement et les dernières avancées dans ce domaine ont même fait l’objet d’une parution dans le magazine Science…

  • Le volant d’inertie

Actuellement de retour sur le devant de la scène, la technologie du volant d’inertie consiste à stocker l’énergie dans un dispositif en rotation ultrarapide allant jusqu’à 100 000 tours par minute !

Hormis les pertes mécaniques dûes aux frottements, le dispositif est parfaitement réversible, un avantage certain pour stocker diverses quantités d’énergie de manière souple. Ces accumulateurs cinétiques annoncent ainsi une grande durée de vie, une maintenance quasi nulle et un temps de charge très court, de l’ordre de quelques secondes à quelques minutes.

De plus, cette technologie en apparence « lourde » ne se limite pas seulement au stockage stationnaire de type onduleur : Alstom est ainsi parvenu à l’embarquer sur un tramway à Rotterdam afin de faire franchir à celui-ci deux places historiques dépourvues de caténaires (source : L’Usine Nouvelle). Et, bonne nouvelle, une société française est en pointe sur ce sujet d’avenir : il s’agit de Sevil (acronyme de « Stockage d’Electricité par Volant d’Inertie Lévité ») qui étudie d’ores et déjà les possibilités d’application… aux satellites !

Plus près de nous, la récupération de l’énergie du freinage sur la ligne 7 du métro parisien a également permis à la RATP d’économiser près de 20% de consommation d’électricité. Et quand on constate que même la Formule 1 s’intéresse de près à cette technologie, il ne subsiste plus aucun doute sur le fait que le stockage inertiel a un bel avenir devant lui !



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